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Belvédère
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    Le Parc naturel n’est-il pas l’équivalent contemporain du Jardin paysager de l’époque romantique ? Tous deux ne proposent-ils pas une certaine idéalisation de la nature, des promenades préméditées, des points de vue remarquables ? Au visiteur oisif du XVIIIe siècle déambulant dans les allées d’un jardin à l’anglaise, ne succède-t-il pas aujourd’hui, le randonneur du XXIe siècle enchaînant les sentiers balisés qui le mènent de sites majestueux en points de vue toujours plus saisissants ?

     

    Sur le GR 30, sentier du Parc naturel des volcans d’Auvergne, à 900 m d’altitude, j’ai souhaité proposer une halte, en élevant un belvédère dans l’esprit des pavillons de jardin du XVIIIe siècle. Le site choisi est particulièrement remarquable, d’une qualité toute picturale. En 2004 j’en réalise une prise de vue automnale. À l’endroit précis de la prise de vue, j’y élève six mois plus tard un belvédère accueillant, en guise de baie vitrée, le tirage monumental et transparent (2,20 x 1,10m) du paysage photographié à l’automne. Un miroir intérieur est accroché face à la photographie et au paysage. Si ce belvédère peut signaler un point de vue à ne pas manquer, il ne saurait cependant répondre qu’au seul plaisir de la délectation naturellement offerte par le site. L’apparente simplicité de l’installation et de sa dénomination est probablement trompeuse. En effet, le dispositif général mis en place avec le belvédère s’organise non pas autour d’un point de vue unique mais se propose de brouiller les perceptions en confrontant le paysage réel à sa propre représentation photographique (nature / culture). Dans l’espace du pavillon, le visiteur peut se mouvoir à son aise, se retourner vers le miroir pour observer la superposition des deux paysages, l’un figé l’autre en perpétuel renouvellement. Les perceptions sont en effet multiples selon la position du visiteur et l’orientation de son regard. Une vision latérale de l’image engendre une vue en raccourci du paysage photographique (anamorphose). Un retournement du spectateur vers le miroir permet, au centre du belvédère, une coïncidence parfaite des paysages photographique et réel, la saison automnale venant se superposer à celle de l’été, l’image figée s’incrustant dans le paysage vivant… À l’extérieur, le visiteur est invité à déambuler devant l’image où se mêlent alors reflets du paysage réel dans le plexiglas, découpe du miroir dans l’image photographique etc. De la superposition des paysages naissent ainsi des tensions et des conflits visuels, les masses glissant les unes sur les autres, se cisaillant, se métamorphosant au gré des déambulations. D’un paysage apaisé depuis l’interruption millénaire de l’activité volcanique, naît une nouvelle vibration, pour ainsi dire orogénique et sismique, provoquée par la superposition, la mobilité et la distance du point de vue du spectateur. Le regard du visiteur peut alors s’abîmer dans ce paysage démultiplié.

    Selon la saison, l’heure et les conditions climatiques, chaque expérience est donc singulière (effets atmosphériques, pluie, rosée…). L’expérience est d’autant plus intime et personnelle que chaque visiteur est invité à se projeter dans l’espace-temps paysager proposé et à mesurer la béance du temps qui se creuse.

     

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    Vue générale du Belvédère dans son environnement, été 2005 (Saint-Nectaire, altitude 900m )

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    "Etant donnés un point de vue, un paysage réel, sa représentation photographique, un pavillon, un miroir et un visiteur"

    Planche documentaire réunissant divers documents utiles à la compréhension du dispositif.

    Tirage photographique, 40x92 cm

    (2005-09)

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    Vue du belvédère avec en façade le tirage photographique translucide du paysage qui lui fait face, Saint-Nectaire, été 2005

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    Vue du Puy de Sancy réalisée le 20 octobre 2004.

    Tirage Lambda sur Duraclear (2,2 x 1,1m) placé en façade du belvédère à l'endroit précis de la prise de vue.

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    Plan du belvédère, 2004

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    Vue prise depuis l’extérieur du Belvédère : Reflets du paysage réel dans le plexiglas et découpe du miroir dans l’image photographique transparente.

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    Essai de superposition des paysages réel et photographique dans le miroir, depuis l’intérieur du Belvédère.

     

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    Vue latérale de l’image depuis l’intérieur du belvédère. Effet d’anamorphose du paysage photographique devenu mouvementé.

    Les fines gouttelettes de rosée forment un voile opalescent laissant seulement apparaître une silhouette, le paysage réel étant du même coup invisible.

     

     

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    Vue latérale de l’image prise depuis l’intérieur : effet d’anamorphose avec insecte sur la face interne de l’image

     

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    Détail de l’image photographique pris depuis l’intérieur du belvédère : coulures de rosée sur la face externe de l’image. 

     


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    Le Parc naturel n’est-il pas l’équivalent contemporain du Jardin paysager de l’époque romantique ? Tous deux ne proposent-ils pas une certaine idéalisation de la nature, des promenades préméditées, des points de vue remarquables ? Au visiteur oisif du XVIIIe siècle déambulant dans les allées d’un jardin à l’anglaise, ne succède-t-il pas aujourd’hui, le randonneur du XXIe siècle enchaînant les sentiers balisés qui le mènent de sites majestueux en points de vue toujours plus saisissants ?

     

    Sur le GR 30, sentier du Parc naturel des volcans d’Auvergne, à 900 m d’altitude, j’ai souhaité proposer une halte, en élevant un belvédère dans l’esprit des pavillons de jardin du XVIIIe siècle. Le site choisi est particulièrement remarquable, d’une qualité toute picturale. En 2004 j’en réalise une prise de vue automnale. À l’endroit précis de la prise de vue, j’y élève six mois plus tard un belvédère accueillant, en guise de baie vitrée, le tirage monumental et transparent (2,20 x 1,10m) du paysage photographié à l’automne. Un miroir intérieur est accroché face à la photographie et au paysage. Si ce belvédère peut signaler un point de vue à ne pas manquer, il ne saurait cependant répondre qu’au seul plaisir de la délectation naturellement offerte par le site. L’apparente simplicité de l’installation et de sa dénomination est probablement trompeuse. En effet, le dispositif général mis en place avec le belvédère s’organise non pas autour d’un point de vue unique mais se propose de brouiller les perceptions en confrontant le paysage réel à sa propre représentation photographique (nature / culture). Dans l’espace du pavillon, le visiteur peut se mouvoir à son aise, se retourner vers le miroir pour observer la superposition des deux paysages, l’un figé l’autre en perpétuel renouvellement. Les perceptions sont en effet multiples selon la position du visiteur et l’orientation de son regard. Une vision latérale de l’image engendre une vue en raccourci du paysage photographique (anamorphose). Un retournement du spectateur vers le miroir permet, au centre du belvédère, une coïncidence parfaite des paysages photographique et réel, la saison automnale venant se superposer à celle de l’été, l’image figée s’incrustant dans le paysage vivant… À l’extérieur, le visiteur est invité à déambuler devant l’image où se mêlent alors reflets du paysage réel dans le plexiglas, découpe du miroir dans l’image photographique etc. De la superposition des paysages naissent ainsi des tensions et des conflits visuels, les masses glissant les unes sur les autres, se cisaillant, se métamorphosant au gré des déambulations. D’un paysage apaisé depuis l’interruption millénaire de l’activité volcanique, naît une nouvelle vibration, pour ainsi dire orogénique et sismique, provoquée par la superposition, la mobilité et la distance du point de vue du spectateur. Le regard du visiteur peut alors s’abîmer dans ce paysage démultiplié.

    Selon la saison, l’heure et les conditions climatiques, chaque expérience est donc singulière (effets atmosphériques, pluie, rosée…). L’expérience est d’autant plus intime et personnelle que chaque visiteur est invité à se projeter dans l’espace-temps paysager proposé et à mesurer la béance du temps qui se creuse.

     

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