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A propos de la série "Mégawatts - Falaises et port de Douvres"

A propos de la série "Mégawatts - Falaises et port de Douvres"

Isabelle Henrion
avril 2017

Des images frontales de buissons épineux dialoguent avec des vues en plongée d'une zone portuaire. Le cartel nous informe qu'il s'agit de Douvres, port d'arrivée de Calais en Angleterre. Prises de nuit, les photographies mettent en abîme plusieurs types d'abris : obscurité, buissons, remorques de camions. Mais nul répit possible : l'éclairage rase les volumes, aiguise les épines, scrute les migrants qui réussissent à se nicher au milieu des marchandises qui circulent, elles, librement. Si la série photographique évoque bien la crise des réfugiés, il n'y a pourtant « rien à voir ». Nul spectacle, juste des routes, des véhicules, des plantes – banalité crue d'un décor de drames humains quotidiens. Pierre-Yves Brest fait le choix subtil de représenter les flux migratoires par le double biais de leur surexposition et de leur invisibilité, signifiant leur caractère par essence irreprésentable. Si les images de Pierre-Yves Brest se font l'aveu de leur faible emprise sur l'actualité, l'engagement de l'artiste se situe dès lors à l'endroit de son inscription singulière et périlleuse au sein du paysage. Les images sont prises du haut des falaises, en champ contre-champ, par pivotement du corps à 180 degrés. L'artiste se fait jonction et charnière entre deux points de vue, proche et lointain à la fois, exprimant par là toute la complexité de sa position, entre empathie, impuissance et volonté d'agir.

 

Isabelle Henrion, commissaire de l'exposition Danse sur le fil, regard terre à terre

Festival Oodaaq – Rennes- Nantes – Saint-Malo, mai 2017

Voir la série photographique "Mégawatts" 

 

 

A propos de la série "Mégawatts - Falaises et port de Douvres"

A propos de la série "Mégawatts - Falaises et port de Douvres"

Isabelle Henrion
avril 2017

Des images frontales de buissons épineux dialoguent avec des vues en plongée d'une zone portuaire. Le cartel nous informe qu'il s'agit de Douvres, port d'arrivée de Calais en Angleterre. Prises de nuit, les photographies mettent en abîme plusieurs types d'abris : obscurité, buissons, remorques de camions. Mais nul répit possible : l'éclairage rase les volumes, aiguise les épines, scrute les migrants qui réussissent à se nicher au milieu des marchandises qui circulent, elles, librement. Si la série photographique évoque bien la crise des réfugiés, il n'y a pourtant « rien à voir ». Nul spectacle, juste des routes, des véhicules, des plantes – banalité crue d'un décor de drames humains quotidiens. Pierre-Yves Brest fait le choix subtil de représenter les flux migratoires par le double biais de leur surexposition et de leur invisibilité, signifiant leur caractère par essence irreprésentable. Si les images de Pierre-Yves Brest se font l'aveu de leur faible emprise sur l'actualité, l'engagement de l'artiste se situe dès lors à l'endroit de son inscription singulière et périlleuse au sein du paysage. Les images sont prises du haut des falaises, en champ contre-champ, par pivotement du corps à 180 degrés. L'artiste se fait jonction et charnière entre deux points de vue, proche et lointain à la fois, exprimant par là toute la complexité de sa position, entre empathie, impuissance et volonté d'agir.

 

Isabelle Henrion, commissaire de l'exposition Danse sur le fil, regard terre à terre

Festival Oodaaq – Rennes- Nantes – Saint-Malo, mai 2017

Voir la série photographique "Mégawatts"