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La Faille de San Andreas
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  • La faille de San Andreas en Californie est connue pour être l’une des plus actives du monde. En 2002, j’ai souhaité faire l’expérience de cette faille, remonter cette fissure comme l’on remonte une rivière, me frotter à cet espace linéaire potentiellement irruptif et mouvant, vivre une expérience humble et particulière au contact de l’échelle du temps géologique. Les paysages rencontrés aux abords de la faille sont en définitive très faiblement marqués par les tremblements de terre passés ou récents. Aucune rupture de pente, aucun escarpement caractéristique ne sont repérés dans le paysage. Mon déplacement à l’épicentre d’un séisme récent de très forte magnitude confirme la faiblesse des indices permettant de situer la faille. La raison principale en revient au type même de faille auquel appartient San Andreas. Celle-ci est en effet la résultante d’un cisaillement de la croûte terrestre et non d’une collision ou d’un écartement aux effets plus spectaculaires. Seuls quelques arbres tourmentés ou tombés à terre constituent des éléments tangibles pouvant attester de sa présence dans le paysage, sans toutefois en apporter la preuve irréfutable. Ne pourrait-il pas s’agir davantage du résultat d’une tempête ou d’un simple affaissement de terrain ? Seul le spécialiste, botaniste, sismologue ou géologue trouvera sur place un certain nombre d’indices indéniables de sa présence, mais souvent peu spectaculaires. Aucune route ou piste ne suit le parcours de la faille. Mon itinéraire s’est donc bâti autour du repérage des indices livrés par mes lectures, que je découvre en même temps que j’apprends à les reconnaître. Mon expérience est à ce stade particulièrement originale, troublante et paradoxale : je me propose en effet de parcourir une faille résultant d’un processus géologique on ne peut plus inscrit physiquement dans l’écorce terrestre, et celle-ci reste presque imperceptible à mes yeux. Alors qu’aucun indice marquant ne vient désigner efficacement la faille dans son environnement, il reste fascinant d’imaginer que le paysage qui se trouve face à mon appareil photographique défile de façon imperceptible mais certaine sous mes yeux, et que le point de vue glisse inéluctablement. Témoigner de cette expérience par l’image relève donc de la gageure. Je ne peux en effet qu’introduire du soupçon dans les images, puisqu’en aucun cas, la menace sismique n’est véritablement explicite. En août 2002, un équilibre, somme toute naturel, règne en effet sur la faille de San Andreas. Pourtant rien n’est immuable dans ce paysage et tout peut basculer d’un moment à un autre, sans crier gare. Ce travail rend compte de ce "manque" de faille visible et du paradoxe induit par cette lacune. L’ensemble permet de créer une tension entre la réception immédiate des images et la perception progressive d’un possible danger. Je sollicite ainsi profondément les capacités d’abstraction de l’observateur dans sa tentative de faire l’expérience de cet écart.

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    2002

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    2002

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    2002

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    Vue de l'exposition Mind the gap à la Galerie Intérieur à Lille, 2009


    La faille de San Andreas en Californie est connue pour être l’une des plus actives du monde. En 2002, j’ai souhaité faire l’expérience de cette faille, remonter cette fissure comme l’on remonte une rivière, me frotter à cet espace linéaire potentiellement irruptif et mouvant, vivre une expérience humble et particulière au contact de l’échelle du temps géologique. Les paysages rencontrés aux abords de la faille sont en définitive très faiblement marqués par les tremblements de terre passés ou récents. Aucune rupture de pente, aucun escarpement caractéristique ne sont repérés dans le paysage. Mon déplacement à l’épicentre d’un séisme récent de très forte magnitude confirme la faiblesse des indices permettant de situer la faille. La raison principale en revient au type même de faille auquel appartient San Andreas. Celle-ci est en effet la résultante d’un cisaillement de la croûte terrestre et non d’une collision ou d’un écartement aux effets plus spectaculaires. Seuls quelques arbres tourmentés ou tombés à terre constituent des éléments tangibles pouvant attester de sa présence dans le paysage, sans toutefois en apporter la preuve irréfutable. Ne pourrait-il pas s’agir davantage du résultat d’une tempête ou d’un simple affaissement de terrain ? Seul le spécialiste, botaniste, sismologue ou géologue trouvera sur place un certain nombre d’indices indéniables de sa présence, mais souvent peu spectaculaires. Aucune route ou piste ne suit le parcours de la faille. Mon itinéraire s’est donc bâti autour du repérage des indices livrés par mes lectures, que je découvre en même temps que j’apprends à les reconnaître. Mon expérience est à ce stade particulièrement originale, troublante et paradoxale : je me propose en effet de parcourir une faille résultant d’un processus géologique on ne peut plus inscrit physiquement dans l’écorce terrestre, et celle-ci reste presque imperceptible à mes yeux. Alors qu’aucun indice marquant ne vient désigner efficacement la faille dans son environnement, il reste fascinant d’imaginer que le paysage qui se trouve face à mon appareil photographique défile de façon imperceptible mais certaine sous mes yeux, et que le point de vue glisse inéluctablement. Témoigner de cette expérience par l’image relève donc de la gageure. Je ne peux en effet qu’introduire du soupçon dans les images, puisqu’en aucun cas, la menace sismique n’est véritablement explicite. En août 2002, un équilibre, somme toute naturel, règne en effet sur la faille de San Andreas. Pourtant rien n’est immuable dans ce paysage et tout peut basculer d’un moment à un autre, sans crier gare. Ce travail rend compte de ce "manque" de faille visible et du paradoxe induit par cette lacune. L’ensemble permet de créer une tension entre la réception immédiate des images et la perception progressive d’un possible danger. Je sollicite ainsi profondément les capacités d’abstraction de l’observateur dans sa tentative de faire l’expérience de cet écart.